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la vie associative
 
Juin 2008
Appel à contributions
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°489, juin 2008
La démocratie participative a-t-elle pour finalité de mobiliser sur les enjeux de société, de combattre les disparités territoriales et les injustices sociales ? Tel est le fil conducteur que proposeront les 11e Rencontres de la démocratie locale, qui vous accueilleront à Ivry les 28 et 29 novembre prochains, avec le soutien notamment du département du Val-de-Marne. Sur ce thème, mais aussi sur vos initiatives locales, les dispositifs que vous animez, vos réseaux citoyens auxquels vous participez, vos savoir-faire professionnels, vos choix politiques ou associatifs, etc., l’Adels souhaite votre contribution : ateliers, forums, tables rondes, grands débats seront ce que nous en ferons ensemble.
Au fil des ans, les Rencontres de la démocratie locale rassemblent chercheurs, élus, fonctionnaires, militants associatifs et syndicaux, citoyens. Les uns ont de la bouteille, les autres découvrent que leur participation locale ou thématique s’inscrit dans un vaste mouvement. Tous veulent échanger, s’informer, proposer, faire avancer le schmilblick. La 11e édition sera singulière : l’Adels souhaite resserrer les liens avec ses partenaires pour donner le coup d’envoi d’une année de manifestations qui prépareront son cinquantenaire. Jusqu’aux 12e Rencontres, qui se tiendront en 2009 en Rhône-Alpes, nous n’aurons pas trop de toutes nos énergies conjuguées pour exprimer la passion qui nous fédère aujourd’hui, enracinée dans l’histoire associative, citoyenne et politique.
Prenez contact : adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Mai 2008
Le plus, ennemi du bien (commun)
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°488, mai 2008
En conditionnant l’extension du revenu de solidarité active à un niveau minimum d’activité économique, le gouvernement conduit à train d’enfer un convoi fantôme. En tête, la locomotive de la production, tirant le wagon de la richesse auquel est attelé celui du bien-être individuel, ce dernier censé engendrer le bien commun. Le social à la traîne de l’économique ? Nous qui pensions que cette opposition stérile était révolue de longue date, disparue après Mai 68, sous la double critique du développement social et de l’écologie ! Cette idéologie est celle d’un gouvernement libéral, dont on sait qu’il cherche à désengager l’État de son rôle de redistribution et de régulation. Plus sournoisement, mais tout aussi concrètement, il utilise la décentralisation pour cacher les méfaits de ce renoncement, en envoyant les collectivités territoriales au charbon, face à la précarité grandissante. Est-ce que cela doit nous faire douter de l’intérêt du développement local ? La critique de quelques amis refait surface : " Vous avez voulu la décentralisation, voilà où cela nous mène ! ", disent-ils, et de demander le retour d’un État fort. Dans le bras de fer qui s’annonce entre les territoires et l’État, la société civile doit prendre position. À elle d’évaluer ce qui fait défaut aujourd’hui, de s’impliquer dans des projets qui, plutôt que d’opposer les uns contre les autres, montreront que la solidarité est créatrice d’une autre économie, d’une autre richesse et, finalement, d’un nouveau bien commun. Ceci donne à l’Adels de nouvelles raisons d’agir. En participant à faire sortir la démocratie délibérative des sentiers battus des dispositifs idoines, en allant au devant de la population pour écouter en quoi elle est une ressource inestimable pour engager ce changement. François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Avril 2008
Des chaussettes et débats
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°487, avril 2008
Qu’aurons-nous appris des enjeux municipaux et cantonaux en suivant les élections de cette année ? Rien ou si peu. Quelques journaux auront fait œuvre de pédagogie, fait assez rare pour être salué. Ne serait-ce ici un soupçon de votes achetés, là un responsable de bureau de vote aux chaussettes pleines ou encore un malheureux candidat qui arrive avec deux minutes de retard pour déposer sa liste…, il n’a été question que des appareils et de leurs responsables nationaux bien davantage que de projets engagés par les acteurs dans les territoires communaux, intercommunaux ou départementaux. La fracture entre le national et le local est impressionnante.

Ennemis intérieurs

Mais plus exorbitante encore est celle qui sépare ceux qui parlent de ceux qui se taisent. 160 ans après l’instauration du suffrage universel, l’abstention est telle qu’il devient presque incongru d’ajouter quelconque épithète (locale, participative ou délibérative) à l’exigence de démocratie. C’est de débat dont on a besoin, de façon pressante, pour combattre l’insidieuse montée de la violence institutionnelle qui oppose la société civile à ses représentants. De violence en 1848, il était déjà question et la pédagogie de l’époque désignait le vote comme remplaçant les fusils pour combattre loyalement les ennemis intérieurs. Qui sont-ils aujourd’hui ? Le silence assourdissant des urnes désigne les inégalités entre groupes sociaux ou culturels, les injustices économiques entre travail et capital, les différences entre territoires, la distance inquiétante entre les attentes du peuple et les objectifs du gouvernement. Les élections ont investi les élus locaux d’un bien lourd objectif de changement ! François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Mars 2008
Morale élémentaire
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°486, mars 2008
Plusieurs essayistes annoncent la fin de la démocratie. L’espace public serait vidé par absence de controverse. Reste l’initiative citoyenne, l’opposition – violente au besoin – pour proposer une alternative, objecter, dire son droit : faut-il être historien, publiciste, politologue pour en juger ? Le citoyen voit que les institutions s’éloignent de ce qu’il peut comprendre spontanément.
Peut-on dans le même temps donner des leçons de morale à l’École et se placer à côté des lois – de la République ou de la vie en société ? On peut craindre désormais que chaque " sortie " du président se transforme en révision constitutionnelle. Peut-on dire " je ne vous trahirai pas " et réintroduire un traité européen rejeté par référendum, sans en changer une virgule ? Peut-on rayer d’un trait de plume le droit du sol à Mayotte, les droits du justiciable, la protection des mineurs ou des incapables… l’État de droit ?
L’inquiétude des tenants de la démocratie participative ne pousse pas à crier en chœur avec les Giscard, Balladur, Villepin… qui, à mots choisis, prennent une distance diplomatique avec le chef de l’État. Ce serait trop simple de lui faire porter seul le chapeau. Ils ne peuvent pas non plus joindre leur voix à une Assemblée nationale atone. Difficile d’ajouter voix au brouhaha dans les partis politiques en pleine recomposition. Que reste-t-il aux citoyens ?
Manier la faux contre les OGM ? Ceux qui ont pris cette responsabilité citoyenne sont condamnés et, à ce titre, doivent donner de leur salive pour inscription au registre ADN. Vont-ils cracher à la face des institutions ? Il est urgent d’organiser le débat public, de mettre des mots sur les conflits, d’éloigner la violence, sourde et insidieuse, qui crée un fossé entre les institutions et la société civile. François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Février 2008
Le XXe siècle est terminé
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°485, février 2008
La tendance est à la remise en question des fondamentaux républicains du XXe siècle.
L’Éducation nationale en premier lieu. Carte scolaire bannie, morcellement de l’enseignement supérieur, menace sur l’école de proximité, financement obligatoire de l’école privée par les communes… La laïcité ensuite. Le président revêt les habits du chanoine de Latran pour affirmer que la République s’est fourvoyée dans la laïcité. Plus tard, en terre wahhabite, c’était limite qu’il se flagelle le dos avec son bracelet-montre quand il évoqua l’idée de Dieu.
L’encadrement des règles de l’emploi, pour continuer : exit la durée légale du travail, le repos dominical, le droit de grève. Plus grave peut-être encore : abaissement de l’âge de l’apprentissage à quatorze ans et tolérance pour les jeunes de quinze ans, qui peuvent être mis à disposition d’un patron sans encadrement scolaire. La vie associative enfin. Celle qui s’occupe d’éducation populaire, de lien social de proximité, d’action socioculturelle, de spectacle vivant ou d’art amateur. Elle est menacée par la fonte des crédits, aussi rapide que celle de la glace des pôles. C’est qu’elle est marquée, aux yeux des dirigeants d’aujourd’hui, par de nombreuses tares : sans valeur marchande, elle bascule dans la case " dépense " de la comptabilité publique ; palliant les déficiences de l’État, elle en alourdit la charge ; inscrite dans le développement local, il est difficile de la vendre lors d’une virée à l’étranger. Pire, elle est créatrice de citoyenneté, c’est-à-dire d’une liberté collective aux antipodes du libéralisme. Inquiétante convergence des mesures. " Les enfants, le XIXe siècle est terminé ", chantait en 1968 la déjantée Brigitte Fontaine, en tapant dans ses mains. François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Janvier 2008
Au bain, marris les citoyens !
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°484, janvier 2008
De tous côtés on n’entend plus que ça : ils s’acoquinent, ils avancent désormais main dans la main. C’est de notoriété publique, pourquoi le cacher ? L’émulsion politicienne bat son plein et, bien avant Pâques, les œufs seront brouillés. Au bain, marris les citoyens ! Car ces mariages, à trois mois des scrutins locaux, sont le fruit de tractations entre coqs de basse-cour, validées par les appareils, comme d’antan celles des familles de nobliaux se reconnaissant mutuellement dignes de convoler. Lesquels arrangements seront un nivellement par le bas des idées et des programmes plus qu’une mise en débat contradictoire sur des sujets qui fâchent. Dommage, le débat public local aurait pu gagner en qualité. Je ne demande qu’à me tromper mais, a priori, ces élections s’annoncent comme une simple reproduction de l’existant.

Lignes de fuites

Des lieux de débat, on en cherche, localement comme au niveau national. Ce premier grand rendez-vous d’après la présidentielle devait être celui de la " repolitisation " citoyenne, en contrecoup d’excès inacceptables. Mais les attaques contre le partage du travail se sont noyées dans une tasse de pouvoir d’achat ; le Grenelle de l’Environnement rappelle que dessiner une perspective c’est suivre des lignes de fuite ; la laïcité a été une erreur de la République ; les lieux de droit régalien – la justice, l’école, l’université – se raréfient sur la carte de l’aménagement du territoire. En voilà des thèmes de dialogue entre l’État et le local qui mériteraient d’être traités par la commission nationale du débat public ! Mais, tout comme le conseil national de la vie associative, voilà huit mois qu’on attend son renouvellement…François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Décembre 2007
Les associations et la culture du résultat
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°483, décembre 2007
Il y a longtemps, le seigneur vivait du produit des terres cultivées par les serfs dont il assurait la protection. Vint le temps des patrons fournissant travail et salaire, leurs dames faisant la charité. Puis la République laïque a créé le social. L’indigent, devenu " redevable " de l’État, y a peut-être perdu sa capacité de révolte, individuelle et collective. Pendant que la droite des riches fabriquait la croissance et le progrès, la gauche des pauvres incarnait le cœur et la solidarité. Bon an, mal an, les associations ont cherché leur place entre pouvoir politique et mobilisation citoyenne. Arrivée au pouvoir, la gauche a voulu montrer qu’elle était capable de gérer. Le " développement social " mettrait en cohérence une certaine vision de l’action collective, liant activité économique et sociétale, fonction publique et culture d’entreprise, centre-ville et quartiers, femmes et hommes, français de " souche " et immigrés. La critique écologique remisait la notion de progrès, les objecteurs de croissance fustigeaient la mondialisation. On pensait partage du travail pour tous. Les associations ont tenté de maintenir le lien social, de masquer les contradictions fondamentales de notre société. Très peu ont expérimenté, dans l’économie solidaire, l’idée d’un citoyen debout, ressource pour lui, ses proches et son territoire.
Balayés ces atermoiements, au rancart les pleurnicheries sentimentales ! Aujourd’hui, c’est le résultat qui compte. D’ailleurs, qui peut être " contre " ? Mais de quel résultat parle-t-on ? La pensée unique vise-t-elle un résultat clinquant de montres-bracelets, de yachts, de dîners mondains et autres richesses tape-à-l’œil ? Je laisse ce désir que je ne partage pas à quelques cinglés, aveugles et sourds à leur environnement. On ne peut pas demander à l’association de quartier de conduire une équipe de mômes vers le sport de compétition sans que ses joueurs aient fait l’expérience positive du vivre ensemble, de l’engagement collectif, du projet. C’est ce résultat que visent les associations. François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Novembre 2007
Encore un match de perdu
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°482, novembre 2007
Les médias jouent confus quand ils nomment décentralisation le fait qu’un président de la République transporte ses godillots de ministres à Strasbourg ou à Lyon. Des compétences ont-elles été transférées ? Un nouvel acteur est-il né, doté des moyens de son autonomie ? Non. Tout au plus devrait-on parler de délocalisation d’un non-événement, reproduit ici puis là, ponctuellement. Les sorties de M. Sarkozy ne sont même pas une déconcentration de l’État.
De même, " l’ouverture ". Un système politique est-il ouvert quand il octroie des maroquins à quelques stars, au prétexte qu’elles incarnent l’opposition ? Bien étroite ouverture, au ras de la mêlée, qui déviera à peine la trajectoire du paquet d’avants pour le reconstituer aussitôt. Plus spectaculaire est le geste de l’ouvreur qui distille les balles sur ses ailes, à des estafettes de sensibilités politiques différentes. Mais ce sont des francs-tireurs qu’on envoie au casse-pipe. Peut-on espérer qu’ils changent la politique ? Bientôt ils s’épuiseront dans l’exploit individuel et, probablement, dans la perte de l’estime de soi.
La France n’est pas championne du monde de rugby, et elle n’est pas plus proche d’un quelconque trophée pour sa capacité de changement démocratique. François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Octobre 2007
Légende d’automne
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°481, octobre 2007
La chasse est ouverte dans le Sud, par lequel les ramiers migrateurs pénètrent sur le territoire, en route vers le Nord (Cherbourg plutôt que Calais). On imagine les préfets. Planqués dans les taillis ou scrutant l’horizon du haut des palombières, ils visent le chiffre de 25 000. Ailleurs, les agents de la collectivité organisent des battues, un aérosol répulsif au baudrier, pour pousser le SDF hors de son abri. Pire encore : les pouvoirs publics pourraient être dotés de l’arme biologique pour vérifier l’authenticité du regroupement familial des intrus immigrés.
On se prend à rêver. Un policier appréhende une jeune fille, cheveux longs et blonds, sur un scooter qu’elle prétend avoir emprunté à une amie. Bien-sûr, elle n'a pas l’assurance du véhicule, ni ses propres papiers... " Et vous dites que vous êtes la fille du président ? Z’allons vérifier ça au poste ! ". Test négatif, rien à voir avec l’ADN du président. Il faudra l’intervention spéciale de Cécilia pour sortir sa fille de cette mauvaise situation.
Les choses publiques se brouillent, où se mélangent l’ordre moral et la morgue cynique du m’as-tu-vu dans mon yacht, où l’on nomme un ministre pour dans trois mois, lequel instrumentalise pieusement un symbole de la République pour dynamiser ses rugbymen. C’est le retour de l’idéologie totale et de la politique zéro. François Hannoyer
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Septembre 2007
Municipales 2008, c’est parti
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°480, septembre 2007
Septembre 2007, mars 2008 : six mois. C’est parti pour les municipales. Car il faudra plus d’un jour et d’une nuit, d’un nycthémère donc, pour prendre votre mairie, citoyens ! Des édiles reluquent déjà chaque tête qui dépasse localement comme celle d’un concurrent à surveiller. Un vrai cauchemar (nightmare, disent les Anglais), une parano peu reluisante. D’autres cherchent à façonner des alliances. D’autres encore, dans les villages notamment, s’inquiètent de constituer une liste en nombre suffisant….
Animateurs du débat local, les tenants de la démocratie délibérative peuvent avoir à livrer un rude combat (social, idéologique, politique) pour s’imposer. Leurs armes ? Une bonne connaissance du territoire et de ses ressources, basée sur des échanges entre groupes les plus divers possible, le plus souvent hors des sentiers battus de la pyramide représentative. Rapports sociaux irremplaçables.
Mais au-delà, le contexte politique et institutionnel demande de manier des clés d’analyse avec un recul suffisant pour bâtir des projets durables. La gouvernance, la solidarité, l’innovation doivent pouvoir s’appuyer sur une maîtrise des enjeux territoriaux (la montée en puissance de l’intercommunalité) ou plus vastes encore par les thèmes qu’ils englobent. En matière d’écologie, de développement solidaire, de justice sociale, l’expérience d’autres acteurs pourra s’avérer utile. Ne pouvant répondre à toutes les sollicitations locales, si passionnante soit chacune d’elles, l’Adels réunira prochainement un séminaire national (sur invitation) dans l’idée de faire réseau et de doter tous les candidats d’un arsenal d’arguments pacifiques, mais déterminés. François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Juin 2007
La lutte des classes, les bans de l’école
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°479, juin 2007
La société civile – puisque " peuple " ne se dit plus – est aujourd’hui médusée par l’ampleur de la contradiction à laquelle elle est confrontée. En témoigne la question de la carte scolaire. Giflés par la froideur dominatrice d’une économie qui délocalise pour polluer, licencie pour parachute-dorer, nous sentons confusément que la solidarité républicaine est une morale qu’il faut muscler pour combattre celle justifiant que l’élite se regroupe dans les classes de niveau, dans les établissements d’excellence, dans les écoles supérieures du pouvoir. Mais, constatant les frontières spatiales, sociales, raciales et économiques qui scarifient le territoire et séparent visiblement relégation et intégration, opulence et déshérence, choix de vie et lendemains contraints, qui choisirait de relever, en combat singulier, le défi des contradictions à l’œuvre ? Aucun parent d’élève ne peut prendre son enfant en otage pour éradiquer la terreur individualisée qui circule dans les rangs de l’école, divise au lieu de différencier, organise la concurrence plutôt que la coopération. Le yacht à Malte, la Lanterne à Versailles et le jogging partout ne sont que des images insolentes, de l’ordre du " happy slapping " actuellement en procès. La véritable arrogance sociale et l’incivilité se jouent ailleurs. Elles sont moins médiatiques, plus profondément angoissantes, enfouies dans nos institutions et nos représentations collectives. N’attendons pas d’un État (fût-il local) qu’il recompose autoritairement la carte scolaire. Confions aux associations laïques et civiques le soin de mettre en débat la crise sociétale que révèle la question de la carte scolaire. Aux syndicats d’enseignants d’organiser un jury citoyen capable d’expertise populaire sur l’école. Aux communes d’ouvrir commissions extra-municipales et conférences de consensus pour dessiner une carte scolaire soutenable. François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Mai 2007
Place à la contamination positive
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°478, mai 2007
Une fois écumée l’effervescence médiatique présidentielle, que distingue-t-on dans le chaudron du bouillonnement social réel ? Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.
Premier fait marquant : un taux de participation réconfortant bien qu’insuffisant pour engager le changement, qui prend à revers les théoriciens du déclin politique. Ensuite, la lepénisation des esprits n’a pas eu lieu, mais il semble prudent d’attendre. La tendance a largement atteint les discours, et donc les esprits.
Quelques studios radio et plateaux TV sont encore le barycentre de l’élection. Mais les débats en région progressent, les initiatives citoyennes se sont multipliées, et il y a là un formidable levier à utiliser. Il est vrai que les éléphants se sont remis à barrir dans la savane, législative cette fois. L’arithmétique d’appareils restera-t-elle une science sourde aux questions de société ? Ces questions de société, justement, ont donné lieu à des constats, des diagnostics, des révoltes, des propositions alternatives, des jugements d’experts, des promesses de candidats, sur les plans institutionnel mais, surtout, sociétal. Le " je ne sais quoi " qui a fait que la recette a pris une saveur particulière cette année. Comment installer durablement cette expérience positive, dans la démocratie quotidienne, sur les territoires de citoyenneté ? Les réseaux associatifs et citoyens, malgré les tourments organisationnels et financiers dont nombreux témoignent aujourd’hui, doivent s’organiser. La résistance n’est pas qu’un idéal, elle a surtout besoin de petits gestes de contamination positive. François Hannoyer
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Avril 2007
La présidentielle, comme une lettre à La Poste
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°477, avril 2007
L’humour en publicité, le procédé est vieux comme mes robes, dirait ma tante. Mais que l’humour mercantile soit vecteur de message politique, c’est plus récent : cela date de la campagne présidentielle de 1974, si ma mémoire est bonne, et de la pub Citroën " Avec la CX, changez de régime ".
L’exercice de style atteint ses limites et ne fait plus rire du tout quand il s’agit de vanter la marchandisation des services publics. Que La Poste, pardon, La Banque postale, fasse passer pour escroc l’expéditeur qui n’utiliserait pas le tarif " prioritaire ", c’est insupportable, particulièrement pour qui constate que ses envois sont fréquemment perdus. Que la SNCF ose comparer ses passagers à des héros du quotidien, les banlieusards cons et cernés comme moi apprécieront, eux dont les trains sont souvent supprimés ou en retard. Les messages commerciaux des candidats à la présidentielle relèvent parfois de la même faute de goût, et font également grincer des dents. Bons mots et traits d’esprit étant le fait des marionnettes et des imitateurs, reste aux candidats à forcer le trait pour exister, et ce n’est pas drôle. On avait déjà fustigé ici les vannes éléphantesques sur Ségolène Royal. Mais comment réagir à l’humour de l’ancien ministre de l’Intérieur, qui use à outrance du comique de répétition (quatre-vingt-dix fois le mot France lors d’une récente allocution), ou à l’utilisation du faux-nez chez Bayrou, chantre de la défense de la veuve, de l’ouvrier et du paysan ? François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Mars 2007
Selon que vous soyez gros ou maigre...
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°476, mars 2007
Le ministère de la Santé à présenté son deuxième programme national " nutrition santé ", avec obligation d’insérer dans les publicités alimentaires des messages sanitaires, en gros de la prévention contre l’obésité. En même temps, l’Inséé nous propose de calculer notre indice personnalisé des prix à la consommation (IC). On sait que pour les ménages à faibles revenus, le logement arrive au premier rang des dépenses, la part de l'alimentation en second. Entendue récemment sur une radio publique, une jeune femme témoignant de son impossibilité de satisfaire les envies de ses petits chérubins, avouait que " le seul moyen d’éviter la paire de baskets à 200 euros est d’acheter des produits alimentaires de marque, pour réduire leur frustration ". Produits issus de l’industrie agroalimentaire, décriés depuis longtemps par les nutritionnistes comme trop gras, trop sucrés, trop salés. L’indice de masse corporelle (IMC), dont nous bassinent les magazines féminins, permet lui d'évaluer la masse graisseuse d'une personne. Faisons une corrélation entre l’IMC, l’IC et les règlements de l’OMC, ce dernier favorisant les grands groupes industriels, notamment agroalimentaires. Additionnez votre IMC et votre IC, multipliez par le poids des pays exportateurs de produits agricoles à l’OMC et divisez le tout par les bénéfices cumulés des dix plus grands groupes agroalimentaires mondiaux. Vous obtenez votre IIM (indice d’intérêt mondial). Là, tout devient limpide. Quelque soit votre IIM, pas d’inquiétude, et surtout plus de régime : de toute façon, si vous êtes pauvre, vous serez gros – ou mal portant, tout n’est pas écrit d’avance. Sauf que, pardon, bonne nouvelle : le petit caporal de Neuilly s’est déclaré favorable à la publicité pour le vin à la télévision. Une décision favorable à l’IIM des plus défavorisés, c’est certain. Blanche Caussanel
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Février 2007
Côtés obscurs
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°475, février 2007
Début d’année édifiant sur la fragilité de la démarche participative. Le traitement événementiel de l’actualité veut cela : un jour, la démocratie participative c’est LA nouvelle attitude politique qui va tout changer. Ses faiblesses ? elles sont preuves de disponibilité au changement…
Le lendemain, c’en est fini. Il n’y a rien à attendre de quelqu’un qui n’a pas de message ; l’écoute de la demande, c’est le degré zéro de la politique. Le doute s’insinue et laisse planer un profond discrédit sur la notion et sur les pratiques qui peinent à imposer leur légitimité.
En faisant la une des médias, la disparition de l’abbé Pierre illustre encore les rapports ambivalents du politique, de l’économique et du social. Côté clair : l’émotion semble profonde, presque de nature à créer un puissant mouvement collectif. Les laïcs notent l’œuvre du citoyen et les ultralibéraux s’inclinent devant la détermination du militant. Pauvres et riches ensemble sur le parvis, l’image est belle.
Côté sombre, les questions : cet élu, tout perclus de compassion, n’a-t-il pas refusé d’appliquer la loi SRU sur le territoire dont il a la charge ? Cette loi en préparation sur le droit au logement opposable, elle changera quoi ? Et puis, cinquante ans de gueulante pour en arriver à cette terrifiante similitude entre 1954 et maintenant… Ce n’est pas un peu désespérant ?
Dans sa carte de vœu, Hamida, militante de la cause des femmes en banlieue, donne la parole à Albert Camus dans Le vent à Djemila : " l’espoir, au contraire de ce qu’on croit, équivaut à la résignation. Et vivre, c’est ne pas se résigner. " .
François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Janvier 2007
Affaires étrangères… aux citoyens ?
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°474, janvier 2007
Avril approche, nous entrons dans une période délicate : élire un chef d’État demande de réfléchir sur son rôle, les fonctions de représentation qu’il ou elle devra exercer " au nom de la France " dans le concert des relations mondiales. Combien, parmi les électeurs, se posent la question en ces termes ? On jauge plutôt la capacité des candidats à ferrailler sur de multiples sujets politiques, économiques, socioculturels… Trop souvent, le débat est engoncé dans des problématiques hexagonales. C’est une double ambiguïté connue, à une autre échelle, dans les instances participatives de quartier : d’une part, certains déplorent que nos concitoyens ne parlent que d’éclairage public et de bordures de trottoirs. D’autre part, l’habitant qui veut mener localement une réflexion globale est jugé incompétent, supposé animé d’intentions politiciennes, bref, illégitime. Coopération internationale et relations quotidiennes de proximité sont bien sûr intimement liées et le discours des prétendants présidentiels mérite d’être analysé sous cet angle. Pendant que le ministre de l’Intérieur fustige ces étrangers qui arrivent sur le territoire, le même candidat " à la magistrature suprême " déplore la fuite des cerveaux français vers l’étranger. Il porte sur ces flux le même regard inquiet, voire agressif. Ne serait-il pas plus sain d’envisager ces mouvements dans le cadre d’échanges équilibrés, entre des pays partenaires reconnaissant mutuellement les avantages de la coopération ? Cela changerait notre perception des frontières et, dans le même temps, le regard que nous portons localement sur l’immigration et sur son potentiel de développement.
François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Décembre 2006
Un nouveau Territoires, mais pas sans vous !
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°473, décembre 2006
En 1996, l’Adels choisissait de scinder Territoires en deux cahiers pour différencier dossier thématique et traitement de l’actualité des acteurs de la démocratie participative. Dix ans plus tard, en janvier 2007, la nouvelle formule, sous forme d’un magazine, témoignera du formidable élan de société pour la participation, maintenant incontournable dans les discours politiques, révolution douce dans la gestion des services, contribution essentielle des initiatives citoyennes au changement de nos institutions.
Territoires s’inscrit dans cette modernité qu’elle a participé à créer. Fruit d’une réflexion associative, éditoriale et rédactionnelle, la nouvelle revue répondra aux aspirations des lecteurs par un format plus grand, l’apport de la couleur, des rubriques plus nettement affichées, l’alternance d’informations courtes et d’analyses, la création de liens entre lecteurs de la revue papier et débatteurs sur le site internet. Avec Territoires, la presse associative et militante s’engage dans les enjeux contemporains, sans succomber aux sirènes de la mode. L’indépendance et le recul restent de mise, comme la volonté de croiser vos savoirs d’élus, de techniciens, de militants, d’organiser le lien entre vos proximités dans une vision politique globale. Vous êtes lecteur, devenez rédacteur, débatteur, soutien : le nouveau Territoires ne se fera pas sans vous !
François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Novembre 2006
Vive la méthode gloB-A-bale !
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°472, novembre 2006
En apprentissage de la lecture comme en participation politique, s’il est indispensable de maîtriser la lettre, il est tout aussi nécessaire de comprendre l’esprit du propos pour bien lire, comprendre aisément et s’impliquer. Le lecteur est acteur, c’est une évidence avec laquelle l’instituteur comme l’animateur du débat public a appris à composer depuis longtemps, proposant alternativement un décryptage syllabique ou une réflexion globale sur les choses.
De même, ici comme là, l’autorité n’est pas de mise. Elle n’est pas la posture ad hoc pour promouvoir la compréhension, le jugement, et encore moins l’accord. Le volontarisme unilatéral de la personne qui détient l’autorité, si légale soit-elle, n’est ni légitime ni efficace pour mobiliser l’individu ou la collectivité, rendre capable de jugement privé ou public, logique ou politique, sur les textes proposés et l’environnement qu’on donne à lire. Davantage qu’au B-A-ba de la décision publique locale, c’est au sens de la politique que les citoyens prétendent participer. Pour avoir pratiqué la concertation dans sa ville, Gilles de Robien, ancien maire d’Amiens, ne l’ignore pas et devrait souffler cette leçon au ministre qu’il est devenu.
François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Octobre 2006
Oui aux interpellations massives
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°471, octobre 2006
Dans sa lettre au ministre de l’Intérieur, le préfet Cordet décrit son département (le 9-3) sans concession. Plaidoyer à charge contre l’ennemi intérieur, il amalgame clandestins et étrangers, jeunes et délinquants, animateurs et Islam. Les institutions ne sont pas épargnées. La justice, les forces de l’ordre, assujetties à la politique spectacle, sujettes au turn-over, minées par les guerres des polices, harcelées par l’IGS. Le plaignant passe aussi la brosse à décaper sur d’autres phénomènes, que le lecteur analyserait plutôt comme des causes, comme le délabrement de l’habitat ou la proximité de l’éclatante richesse des entreprises qui s’implantent dans le 9-3 et de la pauvreté qui s’accroît. En conclusion, Le Monde relève ce mot du préfet : " L’uniformité sociale et économique de la Seine-Saint-Denis, telle qu’elle existait depuis l’après-guerre, est en train d’exploser. "
Ainsi, le destinataire de la lettre n’est pas Nicolas Sarkozy. L’adresse devrait interpeller les prétendants candidats aux prochaines élections et, bien au-delà, tous les acteurs de ce pays. Quelles alternatives proposez-vous, tenants du développement durable ou de la démocratie délibérative ? Est-il raisonnable d’en appeler à la mobilisation de la société civile face à une crise civique et sociale aussi profonde ? Éléments de réponse aux 10e Rencontres de la démocratie locale, à Dijon, les 20 et 21 octobre.
François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Septembre 2006
S’engager, c’est mettre en gage
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°470, septembre 2006
À l’invitation de Chrétiens dans le monde rural (CMR), l’Adels a participé à une semaine de formation en Aveyron, sur le thème " Motivés pour la rurale politique ". De quels moyens disposent les citoyens pour débattre de l’avenir des hommes et de leur travail, des filières
économiques dans lesquelles ils s’insèrent, de leur inscription dans un projet de territoire ? Les espaces spécifiques (partis, syndicats, instances de concertation) paraissent bien étroits et
repliés sur eux-mêmes – voire inspirent la méfiance – aux yeux de qui veut ouvrir un
débat global.
Le document audiovisuel sur le développement durable réalisé et présenté par une équipe d’agriculteurs Aveyronnais visant à interpeller les acteurs de leur territoire – et bien au-delà peut-être, grâce au réseau CMR – montre que la vie associative est un lieu, rare et précieux, de production d’intelligence sociale, économique et donc politique. Mais les savoirs échangés en groupe restreint seront-ils réinvestis plus largement ? Au prix de quelle énergie dépensée à se faire reconnaître ? Souhaitons bon vent à cette initiative citoyenne. Beaucoup de chemin reste à parcourir pour que son engagement, gage de ressource sur le territoire, soit accepté.
François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Juin 2006
Vade retro, commissions
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°469, juin 2006
De rétro-commissions en salaires fictifs, de secret défense en amnistie présidentielle, l’État donne une image abjecte de la chose publique. En confondant les finances privées et l’économie nationale, l’intérêt personnel et la représentation politique, on discrédite bien plus que les seuls personnages qui, avec un cynisme supplémentaire, avouent tout haut attendre impatiemment que le mondial de foot et la trêve estivale détournent les regards et les jugements.
On salit le mandat de tout le personnel politique, et particulièrement des élus qui sont tous les jours davantage assimilés au détestable " tous pourris ".
Jusque dans la gestion locale. Quel regard porteront sur les maires-shérifs les parents de jeunes qu’on aura tôt fait d’enfermer dans la case " délinquant " ? Quel (res)sentiment anime les familles qui attendent une HLM quand le Parlement tente de voter la suppression de l’obligation du quota de 20 % de logements dans les villes de plus de 3500 habitants ?
L’été arrivant, les citoyens préfèreront tourner leur attention vers ceux qui désobéissent en publiant des études de vulnérabilité des futurs réacteurs nucléaires, ou ceux qui, avec le Réseau éducation sans frontières, entrent en résistance pour accueillir des enfants menacés d’expulsion.
François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Mai 2006
La délibération fait un tabac
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°468, mai 2006
Au jeu des rapports binaires pouvoir / contre-pouvoir, le gouvernement a perdu.
Le CPE a été retiré, mais la leçon n’a pas servi. Dès le lendemain, un ministre a voulu imposer à
l’Assemblée nationale une mise à jour sans débat de la loi sur le tabagisme, pourtant vraisemblablement consensuelle. " Nous voulons délibérer, nous sommes là pour ça ". C’est un parlementaire qui s’insurge, UMP qui plus est, blâmant ce déni de démocratie. Car il est maintenant évident – sauf aux yeux du pouvoir – qu’évoquer la seule majorité issue des urnes n’est pas une raison suffisamment légitime pour gouverner.
Mais le cerveau politicien fonctionne sur d’autres stimuli. C’est aux partis de gauche que la droite voulait répliquer. Quelques jours après cette nouvelle déconvenue (le projet de loi est retiré de l’ordre du jour), un autre député nous apprendra qu’il était urgent de légiférer " pour occuper la niche " et ne pas laisser au Parti socialiste l’avantage d’inscrire à son programme une proposition de santé publique.
La saison électorale veut cela : dans les mois à venir, il faudra apprendre à décrypter les jeux de plateaux en décelant ce qui se passe sous la table, dans les officines partisanes. Les citoyens, eux, profiteront de la période pour faire de la politique.
En délibérant.
François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Avril 2006
Savoirs dans la démocratie
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°467, avril 2006

Qui consulte qui ?
L’actualité sociale porte à réfléchir sur les liens entre consultation et participation. Avez-vous entendu l’avis du Conseil économique et social sur les mesures de contrôle social proposées par le gouvernement ? Connaissez-vous la position du Conseil national de la jeunesse sur le CNE ou le CPE ? Serait-il jugé opportun que la Commission nationale du débat public crée une commission particulière sur les modes de traitement social du chômage ?
Deux types de questions se font jour. D’abord sur la consultation, notion ambiguë, manipulable à l’envi, conflictuelle.
Qui consulte qui ?, à quel moment du débat public et sur quels enjeux ?, avec quelle influence possible sur la décision finale ? Le référendum local organisé à Saint Denis (93) sur le droit de vote des résidents non communautaires montre ainsi l’abîme vertigineux entre l’acte symbolique et l’incapacité de la consultation à changer le droit. Sur les questions sociales ensuite. Entre démocratie participative et institutions représentatives, les ponts ne sont pas
visibles. Les syndicats, les coordinations, les partis veillent. Mais ils peinent à trouver
l’espace public où mettre le conflit en débat. Au Printemps de la démocratie, à Paris, une femme disait en substance : " Le Conseil de quartier ne sert pas à résoudre la situation du SDF qui est à notre porte. Je me sens comme une figurante. "
François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Mars 2006
Savoirs dans la démocratie
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°466, mars 2006

Un jeune invective les participants d’un débat public : " Vous ne savez rien de ce que vivent les gens, vous n’avez pas le droit de parler à leur place. " La question de la démocratie est intimement celle de la confrontation des savoirs. Elle n’a rien de spontané et ne peut être improvisée. Au-delà d’un altruisme qui comporterait des relents nauséabonds, les agents, les bénévoles et les professionnels des organisations " média " entre la population et la politique (les associations, les services publics, l’éducation populaire, les administrations) sont-ils les porteurs légitimes d’un savoir citoyen suffisamment élaboré pour s’imposer dans le débat public local et prendre part à la hiérarchisation des décisions ?
La question des savoirs populaires est objet de controverses scientifiques. Pour ne pas être cantonnées dans une proximité enfermante sous forme d’une contribution concédée par l’élite, et pour gagner le statut de " révolte légitime ", les notions d’expertise citoyenne ou de savoirs d’usage doivent être déconstruites pour devenir opposables dans la conduite des changements politiques durables. Association d’éducation populaire, l’Adels veut être clairvoyante sur ces trois registres – social, institutionnel et politique.
François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Février 2006
Logo.asso.gouv.fr
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°465, février 2006

Les relations entre l’État, les collectivités locales et les associations sont loin d’être stabilisées. En témoignent les atermoiements dans le versement des subventions aux réseaux nationaux. Récent épisode peu glorieux, des courriers annonçant à des associations nationales que leurs subventions, largement amputées, leur seraient accordées si elles répondent dans les 24 heures ; dates d’arrivée des courriers : le 23 et le 30 décembre. Faut-il préciser que nous parlons des financements pour 2005 ?... Mais il semble qu’un autre acteur s’invite dans le débat public/privé : les fondations d’entreprises. La culture, l’environnement, le logement social semblent intéresser le mécénat d’entreprise. La tendance mérite d’être suivie de près. D’abord par pragmatisme : est-ce que l’État, confusément, ne verrait pas d’un bon œil que les entrepreneurs investissent sur des dossiers qui pèsent lourd dans la gestion publique ? La seconde est plus politique. Que l’État trouve dans le capital privé les relais financiers de ses projets politiques pose le problème de la contrepartie demandée. Les quarante dernières années ont montré que les trois activités citées génèrent d’insondables problèmes de société quand leur gestion est celle de simples biens de consommation.
François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Janvier 2006
Démocratie délibérative
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°464, janvier 2006

Sur nombre des chantiers qu’elle mène, l’Adels vérifie que la démocratie participative est une révolution douce mais déterminée, qui s’installe dans les relations quotidiennes entre acteurs. Prenons par exemple la notion de délibération. À entendre les commis de l’État ou certaines associations d’élus, quand les citoyens délibèrent, ils tchatchent et se renseignent en vue d’une décision qu’ils ne prendront pas. La délibération des élus est d’une tout autre nature puisqu’elle contient la décision. Comment, dès lors, situer la notion de démocratie délibérative ?
Le débat n’est pas seulement sur l’emploi des mots. L’épithète " délibérative " ne réduit pas l’exercice de la démocratie au seul exercice du débat : elle qualifie le temps de la procédure davantage que le résultat. Le terme " démocratie délibérative " est l’autre face de la "délibération démocratique ". Ceux parmi les élus qui ont fait l’expérience du dialogue avec l’État (quand il mène le débat public) comprennent la déception des citoyens face à l’insatisfaisante offre de délibération, et se montrent plus enclins à la concevoir comme lieu de coproduction de la décision. Ils ne sont pas pour autant déshabillés d’une once de pouvoir. C’est donc bien de
décentralisation dont il est question.
François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Décembre 2005
L’effet réseau, chemin faisant
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°463, décembre 2005
En publiant Renouveler la démocratie : oui, mais comment ?, sous la plume de Serge Depaquit, et en prolongeant cette initiative par des soirées débat, l’Adels répond à une forte demande d’acteurs de nombreux territoires. Les participants n’ont pas la prétention de résoudre la crise de la représentation, l’impudeur d’émettre des solutions pour échapper à la
société de l’incertitude. Tout au plus constatent-ils qu’en contribuant à la réflexion, ils cheminent. Nourris d’expériences locales, ils échappent au leurre de la proximité. Enclins à ouvrir des perspectives politiques, ils ne visent pas un horizon fuyant : ils savent que la société de demain se construit dans la délibération " ici et maintenant ".
Ce mois de novembre a aussi été le mois des rencontres avec les professionnels et les bénévoles de l’union Peuple et culture en université d’automne, ceux des centres sociaux dans la Cité de la participation, les professionnels de l’union régionale des MJC en Rhône-Alpes. D’un lieu à l’autre, les idées circulent. L’Adels est ainsi au cœur de son projet associatif. Ces rencontres nourrissent Territoires, et, réciproquement, les lecteurs de la revue investissent avec une énergie nouvelle les territoires dans lesquels ils sont impliqués.
D’autres rencontres se préparent à Marseille, Lyon, Nantes… et peut-être chez vous si vous souhaitez cheminer quelques heures avec les membres de l’Adels.

François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05
 
Novembre 2005
Convergences vers Dijon
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°462, novembre 2005
Les Xe Rencontres de la démocratie locale, à Dijon, les 20 et 21 octobre 2006, se préparent dès maintenant, en collaboration avec les futurs participants. Les premiers à se mettre au travail seront les membres de conseils de quartier de près de quarante villes en réseau. Une large liste de thèmes à traiter va leur être proposée par l’Adels. Chaque groupe local est invité à indiquer en retour un thème qu’il souhaite traiter pendant l’année. Les thèmes retenus (ceux qui donnent lieu à des échanges nourris entre les groupes) seront traités en forums le vendredi 20 octobre 2006 après-midi. Vers ceux-ci convergeront des groupes citoyens de tout le territoire pour mutualiser, capitaliser les expériences et tracer les lignes futures de la démocratie participative.
Les groupes qui ne seraient pas inscrits sur la liste de diffusion et souhaiteraient être partie prenante du dispositif sont priés de se faire connaître.
Autres temps forts des Xe Rencontres : la table ronde citoyens / politiques (21 matin) et les ateliers thématiques (21 après-midi) seront présentés prochainement. Ils donneront lieu,
eux aussi, à une convergence d’associations, d’élus, d’experts sollicités par l’Adels sur les champs de l’action publique locale revisitée sous l’angle de la participation.
François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05
 
Octobre 2005
Sciences citoyennes
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°461, octobre 2005
Éducation populaire, science, technique et citoyenneté. En animant un débat à la Cité universitaire sur éducation populaire et développement durable, c’est beaucoup plus qu’un acte isolé que l’Adels a réalisé, rapprochant deux secteurs d’activité peu fréquemment en contact.
L’association s’est aussi liée à deux laboratoires associés au CNRS pour travailler sur les transferts de savoirs entre experts scientifiques, techniques et citoyens. L’Adels est encore impliquée dans un travail avec le Mouvement pour un développement solidaire sur les moyens de faire reconnaître l’expertise d’usage dans la décision publique. Avec le Syndicat de l’éducation populaire dans un cercle d’étude sur l’éducation populaire, elle observe ses modes et ses méthodes d’intervention dans l’histoire et dans les enjeux contemporains. Initiatives nombreuses, au milieu de beaucoup d’autres encore qui semblent converger vers une problématique centrale : les intermédiaires entre politiques et citoyens, et particulièrement les associations d’éducation populaire, leurs salariés, leurs militants, sont-ils, aujourd’hui, des acteurs de la démocratie participative et, à plus long terme, les laboureurs d’un terreau de nouveaux modes de gouvernance ? François Hannoyer

Association science technologie société (ASTS) :
01 44 89 82 82, le_lien@asts.asso.fr
Mouvement pour un développement solidaire :
mds@globenet.org
Syndicat de l’éducation populaire Sep-Unsa-Éducation :
http://sep.unsa-education.org
 
Septembre 2005
Rentrée littéraire
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°460, septembre 2005
L'un et l’autre représentent des travaux de longue haleine. Et l’un et l’autre, chacun à sa manière, sont des aventures collectives. Pour la rentrée, l’Adels publie deux ouvrages qu’elle a l’immodestie de juger importants. Le premier se nomme Pour une culture de la participation, et est l’œuvre de Pierre Mahey. Architecte, urbaniste, mais avant tout animateur d’espaces de débats participatifs, il a par exemple accompagné l’Atelier de travail urbain de Grande-Synthe, un modèle du genre. Il sait par son expérience combien les paroles doivent êtres dites pour pouvoir être dépassées. C’est ce qu’il fait dans son livre, livrant avec une grande clarté sa vision de la démocratie participative, sa nécessité, son état d’être, ses perspectives, ses limites.
Renouveler la démocratie...
Pour une culture de la participation, 11 euro

Le second est signé par Serge Depaquit, vice-président de l’Adels et penseur du renouvellement démocratique, mais est le fruit d’un cheminement appronfondi de deux ans de l’Adels sur cette question essentielle. Au final, Renouveler la démocratie, oui mais comment ? analyse la nature de la crise politique, ses liens profonds avec la crise de la démocratie sociale et économique, et propose des pistes pour s’en sortir.
Pour une culture de la participation, 11 euro
Renouveler la démocratie, oui mais comment ? (sortie en octobre), souscription : 5 euros au lieu de 11 euros jusqu’au 30 septembre.
Adels : 01 43 55 40 05
 
Juin 2005
Horizon 2008, déjà
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°459, juin 2005
L ’Assemblée générale de l’Adels (le 27 mai dernier), qui connaît le rythme associatif, a décidé d’orienter dès maintenant les travaux de ses membres en visant l’horizon 2008. D’ici les municipales, l’activité ne manquera pas. L’association perpétue son rôle de club politique, lieu singulier de réflexion et d’échanges. Sa singularité est basée sur trois pieds. Son objet spécifique: la démocratie, la citoyenneté, l’organisation des institutions et des territoires. Son positionnement : en dehors d’enjeux politiques immédiats. Sa volonté de diffuser son expertise: l’éducation populaire.
Les lecteurs de Territoires, les participants aux formations ou aux rencontres de l’Adels sont principalement des militants politiques ou associatifs locaux, des animateurs de lieux de médiation, des élus ou des professionnels engagés dans la vie locale.
À ceux-là, l’Adels propose de s’appuyer sur son texte projet et de se rencontrer dans des soirées interactives, relayées par un réseau de correspondants locaux et des partenariats associatifs, et lors des 10e Rencontres de la démocratie locale. L’expérience des dernières municipales montre la fragilité et l’isolement des initiatives citoyennes.
L’Adels se met en capacité, dès maintenant, d’étayer et de participer à la construction de leur engagement, de nourrir leur projet.
 
Mai 2005
L’actualité de l’éducation populaire
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°458, mai 2005
L ’Adels reçoit aujourd’hui notification du renouvellement de son agrément au titre de la jeunesse et de l’éducation populaire. D’aucun n’y verront qu’une formalité obsolète, le reliquat d’un lien ancien entre une autorité centrale et des " franchisés " sur tout le territoire. À quoi bon, diront ceux-ci, cette référence administrative supplémentaire ? D’autres, plus au fait de ce que signifie cette filiation au mouvement d’éducation
populaire, pleurent sur ce qu’est devenue cette flamme ancienne qui habitait les maisons des jeunes et autres projets pédagogiques d’envergure nationale, voire internationale. Ceux-là pleureront
encore dans vingt ans, comme si la nostalgie était le seul signe de leur appartenance.
L’Adels préfère voir dans cet agrément une amicale piqûre de rappel. Comme pour dire aux associations : " Que faisons-nous ensemble, aujourd’hui, pour que vive le projet d’éducation populaire ? Si les pères fondateurs étaient nos contemporains, quelles initiatives oseraient-ils prendre ?
À quels risques choisiraient-ils d’exposer leurs organisations ? "
L’Adels prend sa part de responsabilité. Par Territoires, par les séminaires qu’elle organise, par les nombreux débats dans lesquels ses militants sont appelés à intervenir, par le réseau de correspondants locaux qu’elle souhaite organiser, l’association revendique son appartenance au mouvement. Il n’est pas de démocratie sans participation des gens. Pas de participation sans que les institutions écoutent ce que les gens ont à dire. Là est l’ambition actuelle de l’éducation populaire.
 
Avril 2005
Le professionnel en retrait, l’élu à l’écoute… Génial !
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°457, avril 2005
Les premiers pas de l’association Réseau initiatives et citoyenneté (Ric) sont le signe d’une réussite qui fait plaisir. Après deux ans de maturation, de journées à la Fondation de France en rencontres thématiques décentralisées, du stand au Festival international de la ville à l’atelier lors des rencontres de Niort, les adhérents du Ric (qui n’était alors qu’une association de fait soutenue par l’Adels) se sont forgé une identité commune, une volonté de faire ensemble, une capacité collective à interpeller d’autres groupes. À Voiron (Isère), le week-end du premier avril, des habitants de Grenoble, Marseille, Montpellier, Nice, Niort, Pont-de-Claix, Roubaix, Roussillon, Toulon, Vienne se sont donné rendez-vous pour débattre, déambuler dans les quartiers en cours de requalification, rencontrer des membres des conseils consultatifs, débattre encore. Le tout, bien sûr, ponctué de moments festifs. Deux faits marquants, aux yeux de Myriam, Pia et Marie-Jo qui " recevaient ". D’abord, le directeur du centre social a montré sa totale confiance dans le groupe en le laissant agir (Mais quel boulot que de tout organiser sans les professionnels !). Ensuite, les élus présents, locaux, régionaux : ils ont écouté, et le courant semble être passé dans un sens inhabituel. Ils ont ouvert leurs yeux, et leur regard sur les habitants semble avoir changé. Longue vie à l’association, pour peu qu’elle trouve des appuis (techniques et financiers).
Ric, Békir Gunès : 01 43 55 40 05, 06 07 24 52 44
 
Février 2005
Ce que les 9e Rencontres ont donné à voir
Tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°455, février 2005
Il est trop tôt pour dresser le bilan des Rencontres de la démocratie locale de Niort. Mais, d’ores et déjà, un événement saute aux yeux : décentralisés jusque dans les moindres parcelles du territoire, les multiples lieux d’échange que sont les instances participatives sont peu visibles. Ils sont pourtant désormais incontournables et constituent un réservoir indispensable d’observateurs, de porteurs de diagnostics, d’idées, de projets qui ne demandent qu’à être écoutés. Rassemblez quelques élus, agents municipaux, professionnels et militants associatifs, citoyens engagés dans les quartiers, les pays, les associations, les collectivités locales : vous rendrez visibles les propositions qu’ils formulent pour repenser le lien social dans leur quartier, l’économie locale de leur vallée, la politique dans le monde. Que celles-ci soient (peut-être) imparfaitement exprimées n’a pas d’importance. Cela souligne juste l’intérêt d’investir collectivement dans les moyens que demandent les acteurs locaux pour affiner leurs contributions. Cette richesse citoyenne a été évidente à Niort. Au-delà des discours incantatoires, l’Adels y voit le signe d’un changement profond de société. Faire de la politique aujourd’hui n’est pas tant prendre une – bonne – décision publique que mettre en lumière les nombreux chemins vicinaux et citoyens qui y mènent.
Contact : François Hannoyer,
tél. : 01 43 55 40 05, adels@adels.org.
 
Janvier 2005
Animation, modes d’emploi
Tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°454, janvier 2005
L 'animation est indispensable à la vie démocratique d'un groupe, d'une organisation, d'un territoire, pour mener la dynamique d'un projet, assurer la médiation entre les acteurs et leur environnement. Pour que les transformations auxquelles aspirent les groupes participatifs s'inscrivent durablement dans un territoire, il faut concevoir l'animation dans sa dimension " politique ", c'est-à-dire comme vecteur des débats de société et comme outil au service de la démocratie délibérative. Pour développer tous ces sujets, l’Adels vient de publier le guide Animer un projet participatif, modes d'emploi. On y retrouve une réflexion sur le sens que revêt aujourd'hui l'animation, une invitation suivre les différents temps de la vie d'un groupe porteur de projet et, enfin, des situations et des attitudes concrètes d’animation sont proposées comme éléments de méthode. L’ouvrage, soutenu financièrement par la direction régionale de l'environnement - Bretagne, aura été un des derniers actes publics de l'Office socioculturel rennais (OSCR), partenaire du projet, au terme de vingt-sept années d'existence.
François Hannoyer.
Animer un projet participatif, modes d’emploi, éd. Adels, 2004
 
Décembre 2004
Rendez-vous aux 9e Rencontres
Tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°453, décembre 2004
Les Rencontres de la démocratie locale, à Niort, les 28 et 29 janvier 2005, rassembleront des membres de conseils de quartier, de conseils de développement, de fonds de participation des habitants, des professionnels d'associations et de municipalités. Ils ont à partager un bilan de leurs pratiques dans ces instances de médiation entre la société civile et les élus, entre la demande sociale et son traitement dans la décision publique locale. Leur expérience est irremplaçable. Elle est un socle indispensable pour interroger nos institutions, nos modes de gestion des territoires et, au-delà, participer à la redéfinition du contrat démocratique. La période est la bonne puisque le calendrier électoral est vierge pour un temps : le temps pour les citoyens de s'inviter, à leur rythme, dans le débat sur le Politique, avec les arguments qui sont les leurs. Et de faire entendre le lien social qu'ils créent quotidiennement, la solidarité qu'ils expriment dans la société, la créativité dont ils témoignent pour inventer un développement soutenable. Forums, débats, tables rondes et ateliers se nourriront de leurs réussites, de leurs critiques et de leurs propositions.
Pour tout renseignement : adels@adels.org.
 
Novembre 2004
L’autogestion aujourd’hui. Que reste-t-il de nos amours ?
Tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°452, novembre 2004
Le 7 décembre à 18H, l’Adels organise une nouvelle soirée-débat sur l’autogestion. Nostalgiques, s’abstenir : les contributions préalables sur internet et les débats qui cadreront la soirée porteront moins sur le thème de ce qu’a été l’autogestion hier qu’un regard sur ce qu’elle structure dans la vie collective contemporaine. À l’heure des 35 heures et de la production immatérielle, est-ce une manière de penser les relations sociales dans l’entreprise ? Est-elle un positionnement alternatif à la mondialisation de l’économie ? Participe-t-elle à modifier la répartition de la richesse ? Propose-t-elle un regard politique global sur le local et le développement ? Qui se réclame ou pourrait se réclamer de l’autogestion, aujourd’hui ? Existe-t-il une continuité historique de cette notion qu’on disait utopiste ? Ses acteurs se reconnaissent-ils mutuellement ? L’autogestion reste-t-elle un projet d’avenir ? À ces questions et à d’autres, les regards croisés d’acteurs se répondront.
Contact : François Hannoyer,
tél. : 01 43 55 40 05, adels@adels.org.
 
Octobre 2004
C'est encore loin, Niort ?
Tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°451, octobre 2004
Les Rencontres de la démocratie locale affichent maintenant un thème qui n'est pas encore un titre : " Les citoyens, acteurs du renouvellement de la démocratie ". L'organisation des travaux se dessine. Rencontres d'acteurs d'abord le vendredi : conseils de quartier, conseils de développement, dispositifs d'appui aux initiatives d'habitants, étudiants futurs professionnels de la démocratie locale. La journée se terminera par un buffet et un bal.
Le samedi ensuite, en plénière, les différents groupes partageront une synthèse éclairant mutuellement leurs pratiques de citoyenneté active. Puis un débat en fin de matinée avec des élus : " Comment envisager l'alliance entre la société civile et le Politique ? " Enfin, après le déjeuner, dans la grande tradition de l'éducation populaire, des ateliers de vingt à trente personnes. La liste des thèmes est encore ouverte. Pour une édition et un envoi du programme à mi décembre, cela laisse un peu de temps à tous les partenaires pour participer à l'élaboration du programme. Les Rencontres de la démocratie locale sont soutenues par la ville de Niort et le conseil régional de Poitou-Charentes.
Les 9e Rencontres
de la démocratie locale,
Les 28 et 29 janvier 2005 à Niort
Avec l'Adels, l'Unadel et le RIC
Contact : François Hannoyer,
tél. : 01 43 55 40 05, adels@adels.org.
 
Septembre 2004
Démocratie de proximité en villes moyennes : dispositifs et enjeux
Tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°450, septembre 2004
L'Adels participe aux Rencontres nationales portées par la ville d'Auxerre et la Fédération des maires de villes moyennes, les 14 et 15 octobre prochains sur le thème :
Une table ronde d'ouverture montrera comment proximité, solidarité et efficacité se conjuguent autour d'un premier constat : si la démocratie locale doit permettre à tous les habitants de comprendre les enjeux de la gestion municipale, elle doit aussi permettre de prendre pied dans les grands défis que la société et la planète doivent relever.
Puis quatre ateliers traiteront simultanément de la démocratie de proximité comme outil d’évaluation publique des enjeux locaux ; comme moyen de mobilisation des citoyens, des services, des élus ; comme lieu de mise en cohérence des initiatives à partir du projet municipal ; comme moment dans la décision publique locale.
Les questions de mise en œuvre alimenteront les ateliers du 15 octobre : quels outils pour élaborer un diagnostic partagé, quels vecteurs pour informer, communiquer, se connecter, quels moyens de formation, quelle organisation de la démocratie dans les différentes échelles de territoires ?
La table ronde de clôture ouvrira sur les pratiques de renouvellement urbain et d'Agendas 21.
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Adels : 01 43 55 40 05, adels@adels.org.
 
Juin 2004
Rencontres réunionnaises de la démocratie locale
Tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°449, juin 2004
Une centaine d’acteurs de " l’éducation émancipatrice tout au long de la vie ", thème des 3e Rencontres réunionnaises de la démocratie locale, se sont retrouvés à Saint Leu, le 26 mai 2004. Ce thème a mobilisé des responsables d’associations, des universitaires, des chefs d’entreprise, des parents d’élèves, des responsables du groupe inter-religieux, des travailleurs sociaux, des citoyens, etc. Il en est ressorti trois questions, débattues en ateliers : comment permettre à chaque personne de sortir de sa dépendance, en sachant que si les chaînes de l’esclavage ont été brisées en 1848, elles sont encore présentes dans les mentalités et l’exercice du pouvoir ? Comment changer d’ère, en passant de l’état de minorité, avec des tuteurs, à l’égalité sur la place publique ? Comment réhabiliter le politique, malheur des intérêts contradictoires, sans être noyé dans la sphère technico-politique ? De multiples propositions ont émergé : création d’une agence de presse fédérative pour la valorisation des initiatives en auto-organisation de base ; lancement d’un programme de désintoxication de la société de consommation ; formation des élus à l’exercice démocratique ; découpage des grandes communes ; défense de l’autonomie associative… S’il faut lutter contre l’illettrisme (120 000 sur 730 000 habitants), les participants ont souhaité réinscrire cet objectif dans une finalité première : la lutte contre l’ignorance, qui perpétue l’esclavage.
Marc Vandewynckele
 
mai 2004
Adhérez !
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°448, mai 2004
Vous connaissez l'Adels à travers la revue Territoires ? Vous avez lu d'autres ouvrages édités par l'Adels ? Vous avez participé à une formation ? Peut-être avez-vous rencontré un membre de l'association au cours d'une soirée-débat ou aux Rencontres de la démocratie locale ?
Toutes ces activités sont le produit d'une association qui vit grâce à l'implication active de ses militants, aux contacts qu'ils entretiennent entre eux, avec des territoires, des réseaux, des initiatives citoyennes. Vous avez apprécié le contenu d'une intervention, vous acquiescez aux propositions émises par l'Adels ou voulez en discuter avec ses membres ?
Le mieux est encore d'adhérer.
Vous recevrez la lettre interne de l'association et bénéficierez du libre accès au centre de documentation qui sera bientôt opérationnel. Des tarifs préférentiels vous seront accordés. Peut-être même voudrez-vous devenir correspondant local de l'Adels ? Prendre l'initiative d'animer une séance de travail, un atelier d'échange, rédiger un article pour Territoires ?
L'Assemblée générale de l'Adels aura lieu les 4 et 5 juin prochains.
Si vous souhaitez y être invité(e) et adhérer à l'association, renvoyez un e-mail à : adels@adels.org .
 
avril 2004
Hommage à Anne Lichtenberger
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°447, avril 2004
Anne Lichtenberger a toujours été au service des plus pauvres et des plus déshérités, ceux dont la voix a du mal à se faire entendre. Elle était pleinement engagée dans ce travail militant, dans ce qu’il est traditionnel d’appeler des organismes caricatifs. Mais elle a souhaité ne jamais s’arrêter à ce premier stade de l’engagement.
Pour elle, l’engagement essentiel était l’engagement citoyen, celui qui la mettait au service d’une démocratie vivante, qui ne s’appuie pas seulement sur le seul système politique mais aussi sur tout le réseau des associations qui font le terreau de notre société.
Elle a été de tous les combats, qu’il s’agisse de l’Adap avec François Bloch-Lainé, de la Fonda avec Frédéric Pascal et Anne David.
C’est elle qui a eu la première l’idée de développer des Fonda régionales et pour ce qui la concerne, en Rhône-Alpes.
Je me souviendrai toujours de la réunion fondatrice de la Fonda Rhône-Alpes à Bourg-en-Bresse, où elle avait réussi à faire venir l’ensemble des forces associatives de la Région.
Jusqu’au bout de ses forces elle a combattu pour que la démocratie vive.
Grâce lui soit rendue.
Jean-Pierre Duport
 
mars 2004
Qui parle de passion politique ?
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°446, mars 2004
Devant les citoyens de Bures-sur-Yvette et environs, récemment rassemblés pour un Forum social local, l'Adels animait une table ronde consacrée à la démocratie participative. Ce fut l'occasion pour Serge Depaquit, vice-président de l'association qui introduisait les débats, de montrer que ce n'est pas là affaire seulement de structures, de méthode, de moyens, de cadres jur