Passé,
présent et futur de l'intercommunalité
et du développement local
Tome 2 Monographie de 26 territoires
intercommunaux
en développement
"Passé,
présent et futur de l'intercommunalité
et du développement local" Tome 2, Georges Gontcharoff, Adels/IFC-2G, 177
pages
12 euros (plus 2,18 euros de frais de port)
Cet ouvrage contient 26 monographies de territoires
en développement. Ils ne constituent pas un échantillon
représentatif, mais ont été choisis pour
refléter l’extrême diversité des situations
rencontrées sur le terrain. La diversité traduit
d’abord l’ancienneté de la démarche,
et concerne aussi les formules juridiques qui sont choisies
par les acteurs locaux. La diversité reflète encore
le jeu changeant des acteurs, tantôt en harmonie, tantôt
en tension. Une sociologie politique de la participation dans
l’intercommunalité s’esquisse ainsi. La diversité
témoigne enfin des rapports très variés
entre " l’ascendant ", les choix de développement
portés par les acteurs locaux au travers d’un projet
de territoire, et le " descendant ", l’incarnation
sur le terrain des procédures de développement
conçues au niveau de l’Europe, de l’État,
de la région ou du département. En définitive,
on peut dire que le nouveau maillage territorial connaît
deux niveaux. Au plus près du terrain, on trouve les
communautés, établissements publics de gestion
des compétences déléguées. Dans
un territoire plus vaste, on trouve les Pays et les Parcs, lieux
de coordination et de mise en cohérence de politiques
plus locales ou plus sectorielles, territoires importants de
la démocratie participative. C’est dans les relations
entre les deux niveaux que se trouvent les interrogations les
plus pertinentes : que ce soit les Pays qui animent le dynamisme
du développement territorial et poussent les communautés
à poursuivre et à approfondir la démarche
; ou que ce soit les communautés qui portent un Pays
dont elles reconnaissent la pertinence et l’utilité. Lien vers le tome 1
introduction
Je porte ce livre dans ma tête depuis
longtemps, car il correspond à des engagements professionnels
et militants très importants dans ma vie. Il est d’abord
marqué par une dimension géographique qui correspond
à ma formation initiale. Il répond ensuite à
une longue analyse du fonctionnement des collectivités
territoriales et des intercommunalités, au travers de
trois approches conjointes : celle de l’Association pour
la Démocratie et l’Education Locale et Sociale
(ADELS) dont j’ai été l’un des fondateurs,
il y a bientôt cinquante ans, et dont j’ai été
tour à tour militant puis salarié, comme rédacteur
en chef de sa revue, " Correspondance Municipale ",
devenue " Territoires " ; celle du Parti Socialiste
Unifie_ (PSU) dans lequel j’ai eu, au Bureau national,
la responsabilité des élus locaux, des luttes
urbaines et des campagnes dites alors "du cadre de vie
", de 1964 à 1971 ; celle du secrétariat
national des Groupes d’Action Municipale (GAM) qui rassemblaient
alors les expériences municipales les plus innovantes
et les plus démocratiques, au premier rang desquelles
celle de la municipalité de Grenoble dirigée par
Hubert Dubedout. Il correspond enfin à mon intérêt
et à mon engagement constant pour le développement
local. Le hasard m’a mis en contact, dès 1965,
avec les militants qui initiaient les premiers en France une
démarche ascendante de développement territorial.
Ma rencontre avec Paul Houée, dans le Mené, en
Bretagne centrale, a été décisive. La mise
en réseau des acteurs qui agissaient de manière
novatrice, dans une douzaine de territoires pionniers, de 1965
à 1970, puis dans quelques autres au cours des années
qui ont suivi, a été notre souci constant, afin
de constituer un mouvement national et d’obtenir la reconnaissance
des pouvoirs publics. C’est dans ce sens que j’ai
participé à l’organisation des premières
rencontres d’agents de développement, avec quelques-uns
des militants que l’on retrouve encore aujourd’hui
dans la commission " intercommunalité " de
l’ADELS. Notre grande heure de gloire a été
de rassembler plus de 700 acteurs locaux du développement,
pour les Etats généraux des Pays, à Mâcon,
en juin 1982. Dans le discours de clôture, Michel Rocard,
alors ministre du Plan et de l’Aménagement du Territoire,
a reconnu la validité de notre démarche et a inscrit
le développement local dans les premiers textes officiels.
C’est à la suite de cette rencontre que nous avons
créé l’Association Nationale pour le Développement
Local et les Pays (ANDLP) dont j’ai assuré le secrétariat
national durant toute son existence de 1982 à 1992. A
cette date, nous fusionnions avec la Fédération
des Pays de France et nous avons créé l’Union
Nationale des Acteurs et des Structures du Développement
Local (UNADEL) dont j’ai assuré, quelques années
encore, le secrétariat national, auprès de mon
président, Michel Dinet. On comprend que les monographies
qui forment l’essentiel de ce livre comportent une forte
dimension historique. Le développement local d’aujourd’hui,
très différent de ce qu’il a été
à l’origine, ne peut cependant se comprendre qu’en
se retournant vers ses racines. Ce n’est pas par hasard
que j’ai placé, en premier, le Mené, les
Monts du Lyonnais, le Pays de Colombey-les-Belles, le Plateau
Picard, le Beaufortain, comme autant de témoins de cette
histoire. J’y suis retourné au cours de la dernière
année pour voir, plus en détail, ce qu’ils
étaient devenus et j’y ai trouvé un immense
intérêt. J’aurais pu en visiter beaucoup
d’autres qui auraient également ému ma mémoire
d’ancien combattant : la Soule, la Thiérache, les
Landes de Gascogne, le Chinonnais, les Mauges Rurales, le Baugeois...
A ceux-là, j’ai ajouté un échantillon
non représentatif, mais raisonné, de territoires
très variés. Ils illustrent des cas de figure
institutionnels très différents (des communautés,
des Pays, des Parcs Naturels Régionaux et même
un Centre Intercommunal d’Action Sociale), diverses configurations
d’acteurs, diverses priorités dans les objectifs,
diverses générations du développement territorial,
jusqu’aux plus contemporaines. La grande majorité
de ces territoires sont ruraux ou aux marges péri-urbaines.
Il faudrait compléter ce travail par des monographies
plus nombreuses de communautés d’agglomération
et de communautés urbaines. Il faudrait aussi s’attaquer
à la spécificité de la région Ile-de-France
que nous avons volontairement laissée de côté
ici. J’ai réalisé la plus grande partie
de ces vingt-six monographies par l’étude et l’analyse
de documents, mais surtout par la rencontre avec des acteurs
de terrain. Dans un souci d’honnêteté intellectuelle,
tous ces textes ont été validés par un
aller et retour avec mes interlocuteurs. Quelques monographies
ont été directement réalisées par
les acteurs eux-mêmes que je remercie vivement de leur
collaboration. Le tome 1 donne tous les détails du cadre
juridique et financier de l’intercommunalité. Pour
comprendre de nombreux passages des monographies, il semble
indispensable de s’y référer fréquemment.
En réalité, nous prônons un va-et-vient
constant entre le tome 1 et le tome 2 : la loi pour expliquer
le terrain ; le terrain pour illustrer la loi.